Antigone - Commentaire composé - Antigone et le garde

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Éducation

Générale Première

Matière

Français - Section littéraire

Note

20/20

Pages

4

Mots

1897

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Antigone - Commentaire composé - Antigone et le garde

Nous te proposons de t'inspirer ici d'un exemple entièrement rédigé de commentaire composé, ”Antigone - Commentaire composé - Dialogue entre Antigone et le garde”. Cela pourra t'aider pour l'épreuve écrite anticipée du BAC de Français. Nous étudions ici le dialogue final entre Antigone et le garde dans l'Antigone d'Anouilh (1944), en nous demandant comment le garde désacralise la mort de la jeune femme.

Extraire
Commentaire Composé – Anouilh, Antigone (1944). Antigone et le garde

Pièce réécrite en 1944 par Jean Anouilh, Antigone était à l'origine une tragédie grecque classique de Sophocle. La jeune héroïne défend de sa propre vie l'honneur de son frère mort au combat et cet extrait présente ses derniers instants, en compagnie d'un garde. Cette scène, qui devrait occuper uniquement une fonction de transition avec une autre scène incluant des personnages principaux et nobles, est en réalité le dénouement de la pièce.

Comment ce dialogue avec le garde désacralise-t-il la mise à mort imminente d'Antigone ? Nous verrons en quoi il présente Antigone comme une exception, avant de parler de l'anti-tragédie répondant à la tragédie, pour finalement aborde le refus de la dignité qui fait douter Antigone.

Tout, dans cette scène, pose Antigone comme une exception. Tout d'abord à elle-même : elle est en proie au doute (« je ne sais plus pourquoi je meurs »). Le début du dialogue est extrêmement creux : « Il y a longtemps que vous êtes garde ? ». Elle cherche à faire passer le temps, pour échapper au silence et aux « cent pas » que fait le garde. Elle est aussi extrêmement seule, malgré la présence de l'homme. Les didascalies la rendent « toute petite au milieu de la grande pièce nue ». Elle répète même à deux reprises qu'elle est « toute seule ». Se comparant à un animal, elle ne se trouve pas de pair, quand même une bête aurait trouvé quelqu'un contre qui se réchauffer : mais elle reste incomprise.

La jeune fille est placée en contradiction avec le garde ; tout les sépare. La syntaxe des phrases d'abord (« Mon dernier visage d'homme », expression où la métonymie du visage tourne élégamment la phrase d'Antigone, douteuse pour le garde). Dans la question « c'est à qui qu'elle est adressée ? », la répétition erronée du pronom relatif « qui » et « qu[e] » pousse la bêtise de l'homme à son paroxysme. Il se laisse corrompre par l'anneau, écrit mal et « peine sur sa dictée ». Il se désintéresse totalement de la cause et ne cherche qu'à « se donner une contenance » devant les autres gardes.

Le Garde Jonas, désigné comme tel quelques scènes plus tôt, n'est pourtant pas nommé dramaturgiquement. Il n'a aucune épaisseur psychologique, n'est intéressé que de lui-même et multiplie les pronoms relatifs de première personne : « Je risquerais gros, moi ». Pourtant, en parallèle, Antigone est mue par le désir de rendre sa dignité à son frère, et parle d'elle à la troisième personne « sans la petite Antigone ». Elle dit qu'elle « [va] mourir tout à l'heure », alors qu'il dit : « Moi, je n'ai jamais été blessé ». Cependant le garde n'est pas méchant : annoncé par le prologue, il est balourd et pataud, mais n'est pas un mauvais bougre.

Dans ce passage, Antigone devient vulnérable. Elle qui raisonnait avec verve sur l'honneur et ... [En lire plus]