Lucrèce Borgia - Commentaire composé - Acte 1 scène 1

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Éducation

Générale Première

Matière

Français - Section littéraire

Note

20/20

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9

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Lucrèce Borgia - Commentaire composé - Acte 1 scène 1

L'exercice du commentaire composé te sera proposé lors de l'épreuve du BAC de Français et demande un entraînement régulier. Pour te donner des idées, nos enseignants ont mis à ta disposition des exemples entièrement rédigés, ”Lucrèce Borgia Commentaire composé, acte 1 scène 1”. Celui-ci porte sur la scène 1 de l'Acte I de Lucrèce Borgia (1833) de Victor Hugo, et étudie la valeur prophétique de cet incipit.

Extraire
Commentaire composé : Hugo, Lucrèce Borgia (1833), Acte 1, scène 1

Lucrèce Borgia est une pièce de théâtre écrite par le dramaturge romantique Victor Hugo, et représentée pour la première fois en 1833. La pièce est conçue comme faisant partie d'un ensemble avec le drame romantique Le Roi s'amuse, pièce représentée pour la première fois un an auparavant. A travers ces deux pièces, Hugo chercha à briser les codes du théâtre moderne ; en effet, chaque lieu de représentation avait son propre genre dramaturgique. Lucrèce Borgia est donc une pièce d'apparence mélodramatique, typique du théâtre de la Porte-Saint-Martin, sous laquelle se cache finalement une tragédie ; les drames présentés dans ces deux pièces donnèrent lieu à une censure de la part de la monarchie.

Cependant, Lucrèce Borgia connut un immense succès auprès des spectateurs puisque le public visé était les classes populaires, contrairement aux pièces habituelles de la Comédie-Française qui s'adressaient aux aristocrates. La pièce met en scène le personnage historique de Lucrèce Borgia, première conseillère du Saint-Père et défenseuse des arts et des lettres ; le personnage de Lucrèce donna d'ailleurs lieu à un véritable mythe auprès des artistes, notamment grâce à sa place de femme dans une société patriarcale. Le passage étudié est la scène d'ouverture de Lucrèce Borgia, qui présente cinq jeunes seigneurs, dont Gennaro, personnage principal de la pièce ; ici, les jeunes hommes discutent de l'assassinat de Jean Borgia, dont la famille est détestée par le peuple. Notre problématique sera la suivante : comment la scène d'introduction de Lucrèce Borgia est-elle annonciatrice de la suite des évènements ? Nous nous pencherons tout d'abord sur la présentation épique faite de Gennaro, puis sur l'introduction au contexte politique pour terminer par l'analyse de l'atmosphère.

Les didascalies indiquent immédiatement la position supérieure de Gennaro sur ses camarades : « Gennaro, vêtu en capitaine » (l. 8) ; ce détail scénique le sépare alors de ses amis, dont les habits ne sont décrits que généralement (« magnifiquement vêtus » l. 7) du fait de sa position hiérarchique prééminente. On retrouve l'isotopie du sommeil quand le personnage de Gennaro est évoqué : « bâillant » (l. 16) ; « fatigué » (l. 17) ; « dormir » (l. 33), « réveillerez » (l. 34) ; « endormi » (l. 100). Gennaro adopte alors un ton suffisant puisqu'il critique les « histoires » (l. 16) contées de Jeppo, ne leur trouvant aucun intérêt. On voit cependant que les louanges faites à Gennaro, ainsi que son ton condescendant ne sont pas du goût de tout le monde puisque Jeppo, vexé de l'inintérêt de son ami, ordonne : « Qu'il dorme » (l. 102), laissant Gennaro seul face à l'adversité, scindant le groupe en deux. L'extrême fatigue de Gennaro contraste avec l'enthousiasme de ses camarades, laissant penser que Gennaro est le seul seigneur qui ait des raisons de se fatiguer. En effet, la grandiloquence de Gennaro est fortement accentuée par le biais de la tirade de Maffio, qui vante énergiquement ses mérites. Par son discours, Maffio met en emphase la bravoure chevaleresque de son ami, qui explique que les paroles sont inutiles pour Gennaro, puisqu'il préfère l'« aventure » (l. 18).

Maffio souligne la noblesse naturelle de Gennaro, qu'il compare à un « lion » (l. 20) ; animal noble par excellence, le symbolisme du lion dénotant la hardiesse et la fierté de Gennaro. On retrouve le champ lexical du combat : « épée » (l. 20) ; « bats » (l. 20) ; « armes » (l. 21) ; « guerre » (l. 28) afin d'accentuer les talents guerriers de son ami. Par le biais de l'hypozeuxe, Maffio tente de faire un parallèle entre le talent de Gennaro et le sien : « Tu m'as sauvé la vie à Rimini, je t'ai sauvé la vie au pont de Vicence » (l. 21-22) ; on s'attend donc à voir Gennaro chanter également les louanges de son camarade. Cependant, Gennaro reste sur son statut d'unique héros, puisqu'il répond à cette tirade en dormant (« Il se jette dans un fauteuil, dans l'attitude de quelqu'un qui va dormir » l. 33). Le nom même de Gennaro souligne son unicité : « Tu portes un nom de fantaisie » (l. 19) ; n'ayant pas de nom ... [En lire plus]