Lucrèce Borgia - Commentaire composé - Acte 2 scene 4

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Éducation

Générale Première

Matière

Français - Section littéraire

Note

20/20

Pages

11

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Lucrèce Borgia - Commentaire composé - Acte 2 scene 4

Commentaire Lucrèce Borgia Acte 2 scene 4 : L'exercice du commentaire composé qui te sera proposé à l'épreuve écrite anticipée du BAC de Français demande beaucoup d'entraînement. Pour te donner des idées, nous mettons à ta disposition cet exemple rédigé qui porte sur la scène 4 de l'Acte II de Lucrèce Borgia (1833) de Victor Hugo, que nous avons étudiée sous l'angle de l'hybridité des registres qui permet d'exprimer les motivations des personnages.

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Commentaire Lucrèce Borgia Acte 2 scene 4

Lucrèce Borgia est une pièce de théâtre écrite par le dramaturge romantique Victor Hugo et représentée pour la première fois en 1833. La pièce est conçue comme faisant partie d'un ensemble avec le drame romantique Le Roi s'amuse, pièce représentée pour la première fois un an auparavant. A travers ces deux pièces, Hugo chercha à briser les codes du théâtre moderne ; en effet, chaque lieu de représentation avait son propre genre dramaturgique. Lucrèce Borgia est donc une pièce d'apparence mélodramatique, typique du théâtre de la Porte-Saint-Martin, sous laquelle se cache finalement une tragédie. Les drames présentés dans ces deux pièces donnèrent lieu à une censure de la part de la monarchie. Cependant, Lucrèce Borgia connut un immense succès auprès des spectateurs puisque l'audience visée fut le public populaire, contrairement aux pièces habituelles de la Comédie-Française qui s'adressaient aux aristocrates. La pièce met en scène le personnage historique de Lucrèce Borgia, première conseillère du Saint-Père et défenseuse des arts et des lettres ; le personnage de Lucrèce donna d'ailleurs lieu à un véritable mythe auprès des artistes, notamment grâce à sa place de femme dans une société patriarcale. Le passage étudié est marqué par une vive discussion entre Lucrèce et son mari Alphonse. Après qu'un criminel ait retiré le « B » de la maison Borgia, Lucrèce est devenue folle de rage, exigeant la mort de ce dernier. Cependant, Lucrèce apprend ici qu'il s'agit en réalité de son fils caché, Gennaro, qu'Alphonse veut exécuter. Notre problématique sera la suivante : comment l'hybridité des registres, typique du théâtre d'Hugo, révèle-t-elle les motivations des personnages ?

Nous nous pencherons tout d'abord sur l'utilisation du registre romantique, utilisé dans un but rhétorique, puis sur l'étude du tragique pour terminer par l'évocation du discours pathétique.
La scène est marquée par le discours argumentatif de Lucrèce, qui tente à tout prix de convaincre son mari ; pour ce faire, celle-ci utilise un discours romantique afin d'éveiller les passions d'Alphonse. Les indications scéniques mettent en place l'image d'une Lucrèce mielleuse et ingénue : « Don Lucrezia, d'un air riant et plein de douceur » (l. 12). La répétition du nom de son mari (« Don Alphonse, don Alphonse » l. 12) révèle que, via l'utilisation du registre romantique, Lucrèce tente d'éveiller la raison en son mari. Le fort emploi de la première personne du singulier présente le lyrisme de son discours. De plus, Lucrèce tente de mettre les personnages en relief, car elle voit leur couple comme une unité inséparable : « vous et moi » (l. 12-13), « mari et femme » (l. 16), « deux bons amis » (l. 16). L'utilisation de la gradation (« un peu, tendrement » l. 15), puis de la gradation inversée (« tendrement, cordialement » l. 15) met en avant l'adverbe d'intensité « tendrement » afin de réveiller le désir charnel d'Alphonse. Le registre lyrique est aussi accentué par la forte présence de ponctuations expressives, avec de nombreux points d'exclamation (« vous aviez dessus ! » l. 23 ; « don Alphonse ! » l. 30 ; « aventurier vénitien ! » l. 32) et d'interrogation (« Alphonse ? » l. 33 ; « que voulez-vous ? » l. 13).

Lucrèce énonce à son mari : « je vous aime encore comme le premier jour de mon mariage, ce jour où vous fîtes une si éblouissante entrée à Rome » (l. 20-21). Ici, Lucrèce fait appel à la nostalgie d'Alphonse, thème majeur du romantisme. Lucrèce s'appuie dans cette scène sur l'expression de ses sentiments personnels afin d'attendrir Alphonse : « je vous aime » (l. 20), « j'y songe » (l. 30), « je me rappelle » (l. 22). Lucrèce utilise également la flatterie afin d'obtenir les bonnes grâces d'Alphonse, grâce à l'isotopie du grandiose : « illustre » (l. 23), « le meilleur » (l. 26), « le plus beau » (l. 31). Elle utilise une métaphore afin de caractériser leur couple (« le lion et la lionne » l. 33) tandis que Gennaro est comparé à un « moucheron » (l. 33) : le symbolisme royal de ces animaux permet d'accentuer la dimension romantique de leur union, tout en plaçant la situation de Gennaro comme indigne de leur attention. L'évocation des exploits héroïques d'Alphonse (« le meilleur chevalier de toute la chrétienté » l. 26) rappelle le registre épique, et l'allusion faite à la chevalerie accentue la dimension romantique du passage, qui est intensifiée par la caractérisation de « prince et ... [En lire plus]