La Princesse de Clèves Contexte Historique

Pour t’aider à mieux maîtriser les œuvres au programme et à étendre ta culture littéraire et générale pour obtenir de bons résultats tout au long de l’année et le jour du BAC en particulier, nos enseignants ont rédigé pour toi cette fiche de présentation du contexte historique de La Princesse de Clèves (1678) par Mme de La Fayette. Tu apprendras tout sur l’auteur et replaceras l’œuvre dans son contexte.

La Princesse de Clèves Contexte 

La Princesse de Clèves est le troisième roman de Marie-Madeleine de La Fayette, d'abord publié sous le nom de Jean Regnault de Segrais en 1678.

Le roman prend place à Paris, à la Cour du roi Henri II. S'il se définit comme un roman historique, ses soucis de vraisemblance et l'analyse sentimentale des personnages orienteront la lecture vers le roman d'analyse psychologique, qui portera Mme de la Fayette vers la postérité.

La Princesse de Clèves - L'auteur

Marie-Madeleine Pioche de la Vergne est née à Paris en 1634. Son père meurt alors qu’elle n’a que quinze ans, âge auquel son héroïne Mademoiselle de Chartres perd elle aussi sa mère. Bien éduquée et parfaitement cultivée, elle épouse à vingt-et-un ans le comte de La Fayette, et vivra dès lors dans la fortune de la bonne société. Elle s'introduit dans la noblesse de la Cour et son aisance pour l'apprentissage éblouira ses pairs. Son couple semble cependant dépérir après la naissance de leur premier fils, et la réussite du salon de la jeune femme semble effacer peu à peu son mari.

Mme de la Fayette établit ainsi bon nombre de connaissances, entre autres la future duchesse d'Orléans, Henriette d'Angleterre, qui sera sa biographe, et la célèbre épistolière Madame de Sévigné, dont l'extrême proximité fera dire à Boileau que les histoires de ces deux femmes sont « presque confondue[s] ». Comme Mme de la Fayette détestait écrire des lettres, c'est grâce à celles de son amie que nous avons pu connaître sa personnalité. Très appréciée de ses contemporains, elle rencontre Jean Racine et Nicolas Boileau, qui dira d'elle qu'elle était « la femme de France qui avait le plus d'esprit et écrivait le mieux ».

L'auteur Sainte-Beuve considèrera que sa relation fidèle et presque sacrée avec l'écrivain François de la Rochefoucauld sera à l'origine du lien entre Mme de Clèves et le duc de Nemours. Il louera aussi son « peu d'illusion » et « sa raison mélancolique qui fait le fond de sa vie », traits qui nourrissent ses œuvres.

Mme de la Fayette se démarque rapidement des autres femmes par son esprit et ses réparties. Bien vite, elle apprend à les cacher pour se fondre dans l'image des femmes de la Cour et ne pas choquer ses pairs. Féministe en son temps, son œuvre viendra redorer le blason de la femme au sein de la société de la Cour, en lui donnant une place importante et en faisant de leurs intrigues précieuses un sujet qui a su intéresser ses contemporains.

Retirée de la vie mondaine par La Rochefoucauld, sa santé dépérit avant qu’elle n’écrive La Princesse de Clèves. Elle s'éteint à Paris en 1693.

À propos de l'écriture

Son premier roman paraît sous la signature d'un de ses amis en 1662, et La Princesse de Montpensier se déroule dans la même société que La Princesse de Clèves. Cette dernière manque même d'épouser le prince de Montpensier. En 1669, paraît Zaïde, signé par Segrais, qu'on a attribué depuis à Mme de La Fayette. Son troisième roman, La Princesse de Clèves, connaît un succès immense et est considéré à certains égards comme le roman pionnier de l'analyse psychologique.

La Princesse de Clèves a été écrit entre 1672 et 1677. Ce n'est qu'en 1780 que le nom de Mme de La Fayette apparaîtra sur la couverture de ce roman, soit plus de cent ans après sa parution, car être auteur n'était pas considéré comme une qualité louable dans la bonne société du XVIIème siècle.

Par la suite attribuée à Mme de Lafayette, elle peut cependant être considérée comme une œuvre collective, puisque cet auteur était régulièrement conseillé par La Rochefoucauld, mais aussi par le poète Segrais, le théoricien Huet, et son amie intime Mme de Sévigné.

Si divers styles se retrouvent dans ce roman, on a cependant la certitude que c'est bien Mme de la Fayette qui en a orchestré l'organisation, en s'assurant de la cohérence interne de la structure et en y insufflant sa singularité.

La Princesse de Clèves Contexte Historique ​​​​​​​

La Cour de Louis XIV siège à Versailles, la guerre avec la Hollande dure depuis 1672, et le traité ne sera signé qu'en 1678, un peu après la parution de La Princesse de Clèves. L’Espagne et l'empire Germanique reculent face à la France qui s'allie à la Suède contre les Provinces-Unies.

Molière est mort quelques années plus tôt et Jean Racine vient de faire jouer Phèdre, sa tragédie la plus célèbre, à la Comédie française.

La France occupe une position éclatante en Europe, tant sur le plan politique qu'artistique, marquant les débuts du classicisme à la française, une culture encore présente aujourd'hui dans le monde, où la France s'établit comme une référence majeure en termes de distinction, d’élégance et de subtilité. La Princesse de Clèves en témoigne de par la simplicité de son écriture, pour un ouvrage somme toute court comparé à ceux de ses contemporains, et par le raffinement de l'univers qu'elle propose.

Les personnages mis en scène dans ce roman sont des personnages historiques, et si certains détails s'en trouvent modifiés, la plupart ont véritablement existé (à l'exception de Madame de Clèves). C'est le cas du duc de Nemours, du roi Henri II qui décède, blessé dans un tournoi comme en fait part le roman, et de sa maîtresse la duchesse de Valentinois, qui fréquenta François Ier, Henri II et François II.

Accueil de la critique

Les retours sur La Princesse de Clèves ont beaucoup évolué au fil du temps, selon l'interview de Marie Darrieussecq pour la réédition du roman : « Les premiers lecteurs de Mme de Lafayette, au XVIIème siècle, le jugèrent invraisemblable : quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIIIème siècle, cet aveu, on l'a trouvé charmant. Au XIXème, immoral. Au XXème, idiot : mais qu'elle l'épouse donc, son bellâtre de cour ! Et au début du XXIème, on dit qu'il ne faut plus lire ce livre. » La question reste donc toujours au centre des préoccupations, bien qu'elle ait évolué avec son temps. Elle montre donc la progression de la société avec son époque.

Pour Voltaire : « Sa Princesse de Clèves et sa Zaïde furent les premiers romans où l’on vit les mœurs des honnêtes gens, et des aventures naturelles décrites avec grâce. » Et Albert Camus commentera sa « simplicité réelle » et l'amour, qu'elle considère comme « un péril ».

Contexte de La Princesse de Clèves - Textes utiles​

La Princesse de Clèves Contexte Historique

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  • 24/09/2016